Sur BlogMotte nous avons choisi de traiter ce sujet sous forme de documentaire et non de reportage.
En fait nous souhaitons juste apporter par l’image et le texte des faits et uniquement des faits.
L’heure est trop grave pour faire du voyeurisme facile, ou du sensationnel avec des témoignages à chaud qui ne peuvent être que poignants.
En effet, les heures difficiles qu’ont vécu les mottois riverains de la Nartuby sont terribles, et engendrent bien souvent désespoir, tristesse, colère ou indignation.
Nous pensons qu’il ne serait pas décent de publier des témoignages que vous avez été pourtant nombreux à vouloir nous livrer: ceux-ci alimenteraient de manière faussée les diverses polémiques mises au jour par cette catastrophe.
Les images et vidéos suffisent, seules, à comprendre le caractère exceptionnel de cette situation, ainsi que l’ampleur catastrophique des dégâts avec leur cortège de conséquences matérielles et humaines.
C’est la raison pour laquelle vous ne verrez pas de photos ou de vidéos faisant apparaître des personnes ou des intérieurs d’habitations dévastées, mais seulement la violence des éléments.
Avant tout, nous souhaitons vous montrer des séquences vidéos prises le Mardi 15 Juin entre 17H15 et 18H00, depuis le pont de la Nartuby au centre du village et du Saut du Capelan.
A cette heure, il pleut depuis 11H00 du matin sur la Dracénie, les cours d’eau sont déjà gonflés, la circulation commence à être problématique mais rien d’alarmant n’est encore à signaler à La Motte.
J’emmène donc mes filles « contempler » la Nartuby déchaînée dès leur sortie du périscolaire afin de réaliser des images avec de vrais débits records.
L’heure est plus à la contemplation et à l’excitation de voir les éléments déchaînés plutôt qu’à l’inquiétude
- Liens vidéos du 15 Juin :
Le Saut du Capelan : http://www.youtube.com/watch?v=rBtRZBWVGNM
Le pont sur la Nartuby : http://www.youtube.com/watch?v=EzItKyC9zG0
Puis enfermés chez nous durant la soirée et la nuit, sans électricité, ni communication téléphonique, mails ou portables nous sommes un peu coupés du monde.
Il pleut fort, mais à ce moment là nous ne nous doutons pas de la catastrophe qui est en train de se jouer en Dracénie.
Puis c’est le réveil, brutal et douloureux qui nous confronte à la réalité de ce que viennent de vivre nos concitoyens Mottois et Dracéniens. En près de 17 heures il s’est abattu des pluies torrentielles générant près de 300 mm. d’eau au mètre carré, sur un vaste territoire. Les cours d’eau, dont la principale rivière de Dracénie : La Nartuby ont franchi leur lit en plusieurs endroits et ont même détruit ou sauté les ponts qui les enjambent !
Durant toute cette journée du 16 Juin j’ai pesté contre l’urbanisation à tout crin qui en quelques années a vu la plaine, jadis agricole, entre Draguignan et Trans se voir recouverte de dizaine de milliers de mètres carré d’enrobés et de toitures de bâtiments industriels. Rendant imperméable toutes les absorptions possibles par le terrain naturel, annulant le travail des canaux créés par les anciens entre les parcelles et occasionnant ainsi un rejet direct dans le lit de la Nartuby, amplifiant ainsi l’effet des précipitations.
Persuadé que j’étais, qu’il s’agissait de l’unique cause de notre actuel malheur, me disant qu’il y avait sûrement eu d’autres passages orageux aussi soudain et importants par le passé sans qu’ils n’aient les terribles conséquences que nous connaissons aujourd’hui.
Mais en cette fin de cette journée du 16 Juin je décidais de me rendre à Figanières, village pour lequel j’avais entendu dire les ravages causés par ces intempéries. Ce village est pris dans un écrin de verdure, et il n’y a pas à proprement parler de rivière, encore moins de surfaces industrialisées en amont des deux ruisseaux ou vallons qui dominent le village, et pourtant…. Le village a vu sa rue principale se transformer en un véritable torrent, avec une hauteur de près de deux mètres cinquante d’eau au point le plus bas de la rue ! La rivière ainsi créée a lessivé pas moins de 80 habitations au cœur même du village.
Et dans ce cas ma théorie des surfaces imperméabilisées ne tient plus….alors il faut se résoudre à admettre qu’il s’agit d’un phénomène météo d’une rare violence, d’une grande ampleur tant par son niveau de précipitation (300 mm.), que par la rapidité du phénomène (17H00), que par son étendue (La Dracénie), permettant de classer cet épisode comme une cru centennale.
Il nous faut admettre que mener une recherche en responsabilité pour tout et n’importe quoi ne se vérifie pas quand c’est la nature qui prend le dessus.
Souhaitons que la structure administrative et politique, en charge du cours d’eau: le SIAN (Syndicat Intercommunal d’Aménagement de la Nartuby) tire les leçons de ce triste épisode et fasse bon usage des sommes qui vont lui être allouées en réalisant des aménagements permettant de consolider les berges et surtout prévoir la réalisation de bassins de déversement, et divers exutoires permettant de délester le lit principal de la rivière.
Permettons nous aussi de suggérer que soit pris des mesures sévères pour l’arrêt des constructions sur des terrains dangereux, le critère de dangerosité, prenant en compte le débit des crues centennales et retenant les critères d’inondabilité ainsi que la nature des terrains sujets aux glissements. L’ensemble des mesures ne nous fera pas éviter des épisodes pluvieux exceptionnels, mais réduira certainement le nombre de victimes physiques et de perte matérielle : habitations, ouvrages….
Vous trouverez ci-joint les séquences vidéos tournées à La Motte ainsi que les photos prises le long du cours de la Nartuby, et cela le 16 Juin au matin :
http://www.youtube.com/watch?v=CWIytIJXsEw
http://www.youtube.com/watch?v=_uLNpltT8yA
http://www.youtube.com/watch?v=B-kozh9-Zqg
http://www.youtube.com/watch?v=ydt35ZsACnA
http://www.youtube.com/watch?v=XcaDyabpj1A
http://www.youtube.com/watch?v=xoTOhUeuuAA
http://www.youtube.com/watch?v=j4J_uqQ9qMc
http://www.youtube.com/watch?v=z_awIXN7etg
http://www.youtube.com/watch?v=gBjUtD8Nga8
http://www.youtube.com/watch?v=8B0lNkEs3wo
Nous voulons aussi souligner la présence dès ce 16 Juin au matin des élus mobilisés pour le constat, des employés communaux prêts à intervenir dès que la décrue sera là, et des bénévoles accourus des quatre coins du village pour proposer leur aide.
Voilà le témoignage que nous voulions apporter au lendemain de cette tragédie, sans présumer d’ailleurs de la date à laquelle il pourra être diffusé compte tenu des dégâts sur les télécommunications.
BlogMotte - Marc Donat

















































































